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Arts martiaux

En Côte d’Ivoire, le taekwondo est devenu le deuxième sport national après le football

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Photo : Youenn Gourlay
Temps de lecture : 2 minutes

Grâce aux performances de certains athlètes ivoiriens et à ses valeurs éducatives, l’art martial sud-coréen passionne la classe moyenne et les élites du pays.

Isaac n’a que 10 ans, mais déjà l’attitude d’un grand. Sur l’un des tapis de la salle polyvalente de la commune de Treichville, à Abidjan, le jeune taekwondoïste impressionne. Sautillant et dynamique, il défie d’abord chacun de ses adversaires d’un regard noir puis passe à l’action. Accompagné du « kiap », le petit cri offensif précédant le mouvement, il enchaîne sans répit les coups de pieds de face et de dos sur le plastron ou le casque adverses.

En face, ses petits adversaires semblent complètement déboussolés. Isaac remporte ses matchs avec une facilité déconcertante, puis prend le temps de saluer, droit comme un « i », les différents acteurs du combat : arbitres, entraîneurs et concurrent. « J’ai la hargne, lance timidement l’enfant après l’un de ses combats. Le taekwondo, ça me permet de me défouler. »

Ce jour-là, plus de 500 jeunes de tous les niveaux, de tous les poids et de toutes les catégories sont venus s’affronter pour remporter la médaille d’or, mais surtout faire partie de l’équipe nationale. « Sur ce genre de compétition, ils combattent du matin au soir. Ça nous permet de les tester et de voir leur endurance, explique Jean-Luc Ayewouadan Adjemel, arbitre national. A l’issue de la journée, on recense donc les meilleurs pour constituer une équipe nationale et affronter les athlètes à l’étranger. Notre but aujourd’hui, c’est de préparer la relève de Cheick Cissé et de Ruth Gbagbi. Et je peux vous affirmer qu’elle est assurée. »

Un succès impressionnant

Le premier n’est autre que l’unique champion olympique ivoirien de taekwondo. C’était lors des JO de 2016 à Rio de Janeiro. Le triple champion d’Afrique de 26 ans remportait alors la seule médaille d’or olympique de son pays dans la catégorie des moins de 80 kg. Sa compatriote Ruth Gbagbi, 25 ans, a, elle, décroché la médaille de bronze lors de ces mêmes jeux dans la catégorie des moins de 67 kg. L’Abidjanaise deviendra même championne du monde l’année suivante au pays du taekwondo, en Corée du Sud. Les deux athlètes, en grande préparation pour les championnats du monde qui se déroulent à partir du 15 mai à Manchester, en Angleterre, ont bénéficié de bourses pour s’entraîner en Espagne. Et font rêver les plus jeunes.

Dans la salle polyvalente, Christopher Agbidi vient lui aussi de remporter la médaille d’or chez les juniors. Il est formel : il veut ressembler au « grand Cheick Cissé et faire mieux encore ». Le jeune homme de 17 ans compte passer son baccalauréat en fin d’année puis se consacrer pleinement à l’art martial. « Ce sport me passionne depuis l’âge de 6 ans. J’ai les capacités, la volonté. Je sais que je peux réaliser mes rêves, voyager et devenir un grand taekwondoïste ivoirien », précise-t-il.

Le succès du taekwondo est impressionnant. En dix ans, le nombre de licenciés est passé de 16 000 à 40 000 personnes, faisant de l’art martial le deuxième sport du pays, devant l’athlétisme et le basket. Et à en croire le petit monde de ce sport à Abidjan, l’homme providentiel se nomme Daniel Cheick Bamba. L’ancien ministre de l’intérieur de 2006 à 2007 et grand passionné de taekwondo, à la tête de la fédération depuis 2009, a mis en place de nombreuses réformes de professionnalisation et de démocratisation de l’art martial.

 

Source : Youenn Gourlay

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