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DOMINIQUE OUATTARA : “Mon mari, mes enfants, mes amis…”

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Mme Dominique Ouattara
Temps de lecture : 6 minutes

Beaucoup de personnes spéculent à son sujet. Mais peu de personnes la connaissent à travers ses propos comme lors de cette interview exclusive qui date de 2009 pour le, et qui en dit long sur Dominique Ouattara. C’est la Première Dame de Côte d’Ivoire. C’est vrai. C’est une femme d’affaires. Ça c’est vrai aussi. Mais, c’est d’abord une femme tout court… qui cuisine, qui est une épouse. 10 ans après, revisitons cette interview côté jardin de l’épouse du chef d’Etat ivoirien, Alassane Ouattara.

Jetons un œil dans le rétro­viseur. Quel regard avez-vous sur votre parcours ? Avez-vous atteint vos objectifs ?

Oui, je crois. Si vous avez bien vu mon CV, on m’a décernée le titre de la meil­leure femme d’affaires au monde en l’an 2000, à Venise par Leading Woman Business of the World. Et, ça, c’est un prix qui est extrêmement pri­sé. C’est un prix qui est côté. Pour moi, c’est une consé­cration. J’en suis très fière. Je pense que je me suis prouvée à moi-même que j’étais une bonne femme d’affaires et que je pouvais réussir en affaires. À partir de cet instant, je n’ai plus envie de continuer cette expansion. J’ai arrêté de faire des affaires. Je gère mes sociétés, où il y a plus de 200 personnes, qui ont besoin de moi pour conserver leurs emplois.

Votre réussite a-t-elle un secret dans le milieu des affaires qui est, a priori, très masculin?

Je crois que j’ai beaucoup travaillé. Je me suis beaucoup investie. Et puis, je crois que j’ai eu beaucoup de chance, tout simplement.

 Est-ce la peur de la dépen­dance vis-à-vis d’un homme qui vous a emmenée à faire les affaires ?

Oui, je crois que la dépen­dance a beaucoup joué dans ma détermination à réussir ma vie professionnelle. Je me suis retrouvée seule, avec mes deux enfants, à trente ans. Je ne voulais dépendre ni d’un homme ni même de ma famille.

 Si vous aviez à choisir, auriez-vous opté pour la même vie ?

Oui, tout à fait. Je crois beaucoup au destin. Je suis heureuse comme je suis aujourd’hui. Oui, je ferai la même chose.

Plus jeune, vous rêviez d’être diplomate. Vous l’envisageriez, peut-être, dans une nouvelle vie ?

Oui, pourquoi pas ? Mais, serais-je aussi heureuse ? Je ne sais pas ? Je suis très heu­reuse comme cela.

 Qu’est-ce qui fait votre bonheur aujourd’hui

Mon mari, mes enfants, mes amis. La famille. Je ne peux pas m’imaginer sans ma famille. Voici ce qui fait mon bonheur.

 Y a-t-il des figures profes­sionnelles que vous admirez?

Il y a deux personnes que j’admire beaucoup : Bill Gates et Georges Soros. Ce sont des gens qui ont réussi de façon extraordinaire, qui mènent une vie très simple, et qui dédient une part de leur revenu à la Fondation. Alors qu’ils n’ont aucun lien direct avec l’Afrique, ils ont décidé d’aider les plus démunis d’Afrique. Pour moi, c’est vraiment un modèle.

 Quel message voulez-vous transmettre à travers votre combat pour les enfants ?

J’ai envie qu’on retienne le sens du partage et de l’huma­nisme vrai. Les enfants n’ont pas demandé à naître. Par conséquent, ils doivent avoir la même égalité de chances, qu’ils soient issus d’une famille pauvre ou riche.

 Quelle image des enfants voulez-vous sauver ?

Un enfant qui joue sans se poser des questions.

 Si vous aviez un bâton magique, quel miracle feriez-vous pour les enfants ?

Qu’ils soient tous en bonne santé.

 Qu’allez-vous faire dans les années à venir ? Quel est votre prochain grand rôle ?

Continuer dans l’humanitaire et rendre le maximum de gens heureux. Les retrouvailles familiales, l’affection des enfants et de l’époux.

 N’avez-vous pas l’impression de renoncer à beaucoup…à l’essentiel en étant femme d’affaires ?

Non pas du tout. (Elle rit). D’ailleurs, je dois vous dire que la famille a toujours été prioritaire, et ma vie de femme bien entendu.

Avez-vous une vie de femme?

Tout à fait, il suffit d’être bien organisé. C’est vrai que, j’ai des affaires sur trois continents notamment, mais vous savez, avec la magie d’Internet et le téléphone portable, vous pou­vez faire des conférences de n’importe quel endroit. Donc, je n’ai pas du tout le sentiment de manquer ma vie de famille. Au contraire. Mes enfants vivent en France, donc quand je pars, c’est justement pour aller les voir. Je m’arrange tou­jours, pour qu’avec Alassane, nous accordions nos calen­driers de façon à ne pas trop manquer ma vie de famille. Plus jeunes déjà, je n’ai jamais manqué leurs devoirs, un déjeuner ou un dîner avec eux. J’utilisais les moments où ils étaient à l’école pour aller au travail et je revenais à temps pour les prendre. Et, cela s’est toujours bien passé.

 Savez-vous être une femme au foyer ?

Bien sûr ! (Avec beaucoup d’insistance) ma mère, Paix à son âme, était une femme au foyer. Elle nous a appris, à ma sœur Véronique et à moi-même, à cuisiner, à coudre, à repasser, à ranger les affaires, enfin à tenir une maison. Je le fais de temps en temps quand nous sommes en vacances.

De temps en temps…Cuisinez-vous souvent ?

De temps en temps…

 Vous cuisinez quoi, Madame Ouattara.

Ecoutez, je sais faire du lapin à la moutarde, je sais faire un gigot aux pommes de terre, de la basquaise… Du riz au gras, ça je sais faire.

(Elle rit)

Est-il aisé d’être l’épouse d’un leader politique?

Non pas vraiment. Ce n’est pas facile, car il faut partager son mari avec la politique. Avec l’emploi du temps, la vie de famille qui peuvent être perturbés. Mais, d’un autre côté, c’est passionnant, parce que nos militants nous donnent beaucoup d’amour et d’amitié. Et, ça fait chaud au cœur.

 Parlez-nous du Dr Alassane, le type d’homme, le mari sous le charme duquel vous êtes tombée…

Ecoutez, j’aime Alassane. Ça, je crois que tout le monde le sait (Elle rit). Vous savez, il m’a choisie, je l’ai choisi, malgré nos différences, il y a dix huit ans. Ces mots sont vraiment plein de sens pour moi. J’espère que vous com­prenez… C’est toujours dif­ficile de parler de quelqu’un qu’on aime. Mais, si voulez, ce qui m’a plu en lui, c’est sa douceur et sa tendresse alliées à une intelligence extraordi­naire. Vraiment, je souhaite à toutes les jeunes filles de Côte d’Ivoire de rencontrer un homme comme Alassane… Elles seront très heureuses. (Elle est émue)… Vous comprendrez que la pudeur m’empêche d’aller plus en profondeur. C’est vraiment un mari mer-veil-leux !

C’est gentil ça…Avez-vous encore le souvenir de votre première rencontre, de votre premier rendez-vous, de ce qu’il vous a dit ? Racontez-nous.

Je m’en souviens comme si c’était hier, mais notre première rencontre a été professionnelle. Alassane est venu à l’agence pour me confier la gestion de ses biens immobiliers. Pendant longtemps, nous sommes restés des amis.

Que souhaitez-vous à Alassane Ouattara pour demain?

Je lui souhaite de réaliser son désir d’aider ses compatriotes. Je sais que, c’est son voeu le plus cher.

 Avez- vous déjà ressenti, la peur de vieillir ?

Pas du tout. Vieillir c’est quelque chose de naturel. Ce qui me fait peur, c’est plutôt d’être malade en vieillissant.

 Vous virez facilement du tailleur ultra moderne au traditionnel boubou africain ou encore au pagne. Pour­riez- vous définir votre style vestimentaire ?

Alors, mon style vestimentaire est celui d’une femme moderne qui essaie de conci­lier sa vie professionnelle de chef d’entreprise et d’une épouse de leader de parti poli­tique. J’adapte ma tenue selon les événements.

 Qui vous confectionne vos vêtements ?

Pour mes tailleurs, je les achète en prêt-à-porter chez Escada et chez Sean John. Les boubous viennent de chez Miss Senghor à Dakar, et les pagnes sont confectionnés par madame Joséphine Memel à Abidjan. Toutes deux sont des femmes pleines de talents.

Quels sont vos rapports avec vos enfants. Quel type de mère êtes-vous ?

Je suis une mère-poule, assez protectrice avec mes enfants, peut-être un peu trop, selon eux. Mais c’est ma nature, je ne peux rien y changer.

Une Femme pour vous,

c’est qui?

Une femme, c’est quelqu’un qui doit être le pilier de la famille. Proche de son mari, de ses enfants, un soutien im­portant. Et, une femme, pour moi, doit être très féminine. Je dis toujours à ma fille, à mes nièces, ne sortez pas sans être bien habillée, bien coiffée, bien maquillée. Toujours avec le sourire, parce que c’est l’image de vous-même que vous donnez aux autres. Un sourire, c’est un cadeau que vous don­nez aux autres. C’est très important.

Quels sont vos pre­miers gestes le matin

Je me brosse les dents. (Elle rit). J’asperge mon visage avec beaucoup d’eau et je mets une crème tonifiante.

Jamais de sport ?

Si, un peu de musculation, un peu de vélo.

On a entendu souvent dire : « Derrière le Dr Alassane Ouattara, il y a une femme forte » ou bien c’est l’in­verse. Quelle est la vérité ?

Je crois que derrière un grand homme, il y a une femme qui essaie d’être forte. (Elle rit).

Vous le dites avec beaucoup d’humilité…

Ah, non c’est la réalité. Vous savez dans un couple, c’est vraiment un duo. Alassane me soutient beaucoup, m’écoute quand j’ai des soucis qui relèvent de mes sociétés. Il me conseille. C’est ce que je fais également quand je vois qu’il a des soucis.

Un petit nom par lequel votre époux vous appelle

Ah, oui : « Chérie »

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