Sans être devin, on peut affirmer que le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé est proche de son épilogue. Car, même si Fatou Bensouda et ses équipes ont récemment annoncé vouloir l’ouverture d’un nouveau procès, cette option est difficile à envisager. Ce, d’autant plus que la cour basée à la Haye a perdu beaucoup de son crédit dans cette affaire. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ne retourneront certainement pas devant une chambre de première instance pour la suite de leur procès, mais, peut-on les imaginer très rapidement en Côte d’Ivoire?

Difficile de répondre par l’affirmative car, à l’heure actuelle, leur retour en terre ivoirienne dépend d’une seule personne: Alassane Ouattara. La CPI en invitant l’Etat de Côte d’Ivoire à livrer ses observations sur la demande de liberté sans conditions formulées par l’ex-président ivoirien a contribué à démonter l’omniprésence du pouvoir d’Abidjan dans ce dossier. Les partisans de Laurent Gbagbo ont beau déclaré le contraire, l’ancien président ivoirien s’il souhaite rentrer dans son pays en 2020, aura besoin du quitus du chef de l’Etat. Ne serait-ce que pour bénéficier d’un passeport ivoirien.

Certains ont évoqué la possibilité que l’ex-chef d’Etat bénéficie d’un passeport d’un autre pays. Mais, même dans ce cas, rien ne garantit un retour en Côte d’Ivoire. Le cas de Guillaume Soro qui n’a pas pu atterrir à l’aéroport d’Abidjan en est la parfaite illustration. Il est impossible quand on s’appelle Laurent Gbagbo de penser pouvoir rentrer discrètement en Côte d’Ivoire.

Outre la question politique, l’ancien président ivoirien, faut-il le rappeler est sous le coup d’une condamnation à 20 ans de prison dans l’affaire du casse de la BCEAO. Quant à Blé Goudé, il est condamné à la même peine pour actes de torture, homicides volontaires et viol. Après plusieurs années d’un procès politique, seule une décision politique peut garantir un retour en Côte d’Ivoire de celui qu’on surnomme le woody de Mama.